Plecnik, le Gaudi slave, l’architecte à connaître absolument avant de visiter Ljubljana

Jože Plečnik est un nom incontournable si vous visitez Ljubljana. C’est l’architecte qui a donné son visage actuel à la capitale slovène.


C’est grâce à Jože Plečnik que Ljubljana est aujourd’hui aussi belle et agréable à vivre.


Dans cet article, vous découvrirez 13 bâtiments de Jože Plečnik à ne pas louper quand vous visiterez Ljubljana. De 1921 jusqu’à sa mort en 1957, Plečnik va disséminer une cinquantaine de ses œuvres  partout dans la ville et elles sont incroyablement diverses : église, bibliothèque, pont, écluse, allée, place, berge, monument commémoratif, marché, cimetière… Avec les infos de cet article, vous serez capable de reconnaître son style et ainsi tous les éléments qu’il a semé dans la ville. Bref, s’il y un article que vous devez lire sur l’histoire de Ljubljana, c’est celui-là.

 

La vision de Plecnik pour Ljubljana

Plecnik a tenté de transformer Ljubljana la provinciale en une capitale pour la Slovénie en lui ajoutant une grande bibliothèque, de nombreux ponts, des places, des églises monumentales, de nouveaux bâtiments, etc.

Il ne suivait pas les tendances de l’architecture de son époque mais son propre chemin. Afin que son travail soit compréhensible par tous, il a utilisé le langage de l’architecture classique (antique, renaissance italienne, baroque, méditerannéenne..).

Pour transformer Ljubljana en capitale, il disposait de moyens limités.  Il a donc principalement utilisé des matériaux peu onéreux comme le sable, le ciment ou les pierres d’anciens bâtiments…

Il était conscient de l’importance du contact entre la rivière et Ljubljana. Son plan pour la ville suit l’axe de la rivière. Vous découvrirez  ses œuvres simplement en suivant la Ljubljanica.

 

Découvrez l’oeuvre de Plecnik en vidéo

Cette vidéo vous donnera une très bonne idée de ce que vous verrez une fois à Ljubljana si vous décidez de partir à la découverte de l’oeuvre de Joze Plecnik. Peu de villes dans le monde ont été autant influencé par un seul homme. On peut comparer l’importance de Plecnik à Ljubljana à celle d’architectes qui ont modelé des villes entières comme Auguste Perret avec Le Havre ou Niemeyer avec Brazilia.

 

 

Les trois ponts (Tromostovje), le centre de Ljubljana


Admirez les élégants lampadaires en ciment que vous retrouverez ensuite un peu partout dans Ljubljana


  • Lorsque le vieux pont en pierre devint trop petit face à un trafic grandissant, il fallut le remplacer. Plecnik eu une idée originale, à la place de la construction d’un pont plus grand, il proposa d’en rajouter deux autres. Son idée peu onéreuse fut adoptée.
  • Les deux nouveaux ponts de Plecnik ne sont pas parallèle à l’ancien pont central. Il sont positionnés en entonnoir. Avec cette astuce, Plecnik a fait de la place Preseren le centre de Ljubljana.
  • Regardez les ponts de profil et vous verrez qu’ils ressemblent comme deux gouttes d’eau au Rialto de Venise (La sérénissime est à 2h15 de Ljubljana). Plecnik a voulu donner un caractère méditerranéen à la capitale slovène mais les escaliers qu’il a rajouté pour obtenir cette ressemblance avec le Rialto ne mènent nulle part. Si vous les prenez, ils vous amèneront à l’entrée des toilettes !

Le marché de Ljubljana


Comme toujours avec Plecnik, les arcades du marché reprennent des éléments d’architecture classique (temple, pavillon, colonne…)


  • Plutôt que de transformer une place  de Ljubljana en marché, Plecnik a eu l’idée originale de lui dedier toute une berge allant des trois ponts au pont des dragons.
  • Allez voir les boutiques sous les arcades lorsque vous visiterez le marché. A l’entrée du marché, ne loupez pas, au niveau du panneau Ribarnica, le petit escalier en colimaçon qui mènent aux poissonniers qui sont à l’étage inférieur le long de la rivière (99% des touristes ne trouvent cette partie cachée du marché)

La bibliothèque nationale et universitaire


Plecnik a voulu en faire un temple de la connaissance


  • C’est l’oeuvre la plus monumentale de Joze Plecnik.
  • L’entrée est très sombre avec l’utilisation de marbre noir et d’un escalier monumental orné de colonnes antiques colossales. Cet escalier mène vers la lumière et le savoir (la salle de lecture)
  • La salle de lecture est ensuite lumineuse. Tout y est fait pour encourager la concentration. Aujourd’hui encore, les étudiants sont nombreux à aimer venir y travailler.
  • Regardez bien les fenêtres sur la façade de la bibliothèque ! Elles ressemblent à des livres ouverts et posés sur la tranche.

 

Krizanke, un monastère devenu théâtre en plein air


C’est la dernière œuvre majeure de Plecnik, à l’âge de 80 ans, peu avant sa mort.


  • Plecnik a transformé ce monastère en un théâtre en plein air. Aux beaux jours, de nombreux concerts en plein air y ont toujours lieu.
  • Poussez les portes ! Cherchez les trois cours repensés par l’architecte. Admirez les arcades.
  • A l’intérieur du monastère, vous trouverez un restaurant pensé par Plecnik. Plecnikove Hram mais  il n’est pas très bon à mon grand regret.

 

Le mur Romain d’Emona


Avant Ljubljana, il y avait Emona, une ville romaine de 5 000 habitants.


  • Le mur sud qui protégeait la ville romaine avait été restauré avant la première guerre mondiale mais il bloquait la circulation entre la vieille-ville et le sud.
  • Plecnik n’a pas essayé de restaurer authentiquement ce mur romain. Il a cherché à donner l’impression d’un site archéologique et ça fonctionne !

 

La maison de Plecnik est devenu un musée


La maison de Plecnik a été transformée en un musée dédiée à son oeuvre.


  • Après quelques jours passés à Ljubljana, je vous conseille de participer à une des visites guidées du musée Plecnik.
  • Plecnik avait prévu d’y vivre avec ses frères et sœurs mais il y a vécu principalement seul et jusqu’à sa mort en 1957.
  • Vous pourrez notamment y voir sa table de travail avec ses outils et ses stylos.
  • Le site pour visiter le musée Plecnik de Ljubljana 

 

Les quais de Trnovo


Des quais agréables au bord de la Ljubljanica


  • Au sud de la vieille ville, vous pourrez profiter des quais arrondis et ombragés de Plecnik pour buller au bord de l’eau.
  • Aujourd’hui encore, ces quais sont appréciés des Ljubljanais qui viennent s’y reposer. Les soirs d’été, les étudiants s’y regroupent par centaine pour s’ennivrer en fin de semaine avant de partir danser dans les clubs de la capitale.

 

L’étonnante colonne Napoléon


Une colonne érigée en 1929 sur la place de la révolution française de Ljubljana.


  • Elle commémore les provinces illyriennes fondées par Napoléon en 1809 dont Ljubljana était la capitale.
  • Elle souligne l’importance de Napoléon dans le développement de la culture slovène. Napoléon a notamment demandé à ce que le code civil soit traduit en quatre langues : italien, allemand, français et slovène hissant du même coup le slovène au rang d’une langue importante.
  • Les blocs qui composent le monument font 100 cm x 100 cm.
  • Sur cette colonne, vous apercevrez les portraits de Napoléon et d’Illyria.
  • Les cendres d’un soldat inconnu tué en 1813 ont été incorporées à l’intérieur de la colonne.

 

L’église franciscaine Saint-François d’assise

  • Plecnik a utilisé les plans d’une église qu’il avait dessinée à Prague en 1922.
  • C’est le premier grand projet qui lui a été confié à Ljubljana.
  • A l’intérieur, cette église ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà vu. L’architecte a continué à améliorer le design intérieur de son église jusqu’à sa mort.
  • L’église n’est pas dans le centre-ville et il vous faudrait du temps pour y aller à pied (non recommandé). Allez-y en vélo par exemple. Vérifiez bien les horaires d’ouverture avant d’y aller.

 

L’immense cimetière de Zale


Il est à 3 km du centre-ville. Allez-y en vélo.


  • Ce cimetière immense est présent dans le livre les 1 001 bâtiments à avoir dans sa vie.
  • Le 1er novembre, les Slovènes déposent des milliers de bougies sur les tombes. L’ambiance est incroyable. Allez-y si vous visitez la Slovénie en novembre!
  • L’entrée du cimétière est un immense portique avec des piliers qui représente le passage de symbolique de la cité des vivants à celle des morts.

 

La promenadade Jakopič du parc Tivoli


Plecnik fait le lien entre la ville et la forêt avec cette grande allée


  • Une longue série de candélabres en béton.
  • Une expo vous y attend. Elle change tous les 2 ou 3 mois. Parfois, c’est génial. Parfois, c’est nul.
  • En haut de l’allée, la belle terrasse du Mednarodni grafični likovni center est idéale pour prendre un café avec vue sur la ville.

 

Peglezen, le fer à repasser

Une publication partagée par @peterlovsin le

  • Cet immeuble très étroit de 1934 est juste à côté du marché de Ljubljana et de l’office du tourisme de Slovénie, au débutde la rue Poljanska.
  • L’ancien bâtiment avait été détruit par le tremblement de terre de 1895 et Plecnik voulait montrer qu’il était possible de construire un édifice monumental sur cette minuscule parcelle .
  • Devant le Peglezen, admirez l’étonnant mât coloré en bois.

 

Biographie de Plecnik : 5 points à connaître.

Fils d’ébéniste, il est né à Ljubljana en 1872. Comme beaucoup d’autres architectes slaves, il a été l’élève d’Otto Wagner à Vienne mais il voyait l’architecture de son professeur comme l’expression de l’architecture allemande. Élève talentueux, il s’est détourné de son mentor pour essayer de créer un style architecturale inspiré par la culture slovène.

Il a commencé par dessiner des bâtiments à Vienne avec notamment la maison Zacherl en 1905 qui va dévoiler tout son talent. Il ira ensuite à Prague pour enseigner pendant dix ans. Le premier Président de la République tchécoslovaque lui confiera la rénovation du château (appartements, cours, jardins). En 1922, à 50 ans, il décidera de revenir à Ljubljana pour ce qui va être la période la plus fertile de sa vie avec la création de tous les bâtiments que l’on peut aujourd’hui admirer dans Ljubljana et qui ont permis de faire aboutir son idée : Faire de Ljubljana une capitale digne de la nation slovène.


Pour en savoir plus sur Plecnik


 

 

 

Leave a Reply