Les 5 derniers « petits magasins yougoslaves » de Ljubljana (des pépites !)

Comme toutes les capitales européennes, Ljubljana change au fil des décennies et les magasins les plus anciens et les plus désuets finissent par baisser définitivement leur rideau pour passer la main à une offre plus moderne ou « plus tendance ».

Cependant, en cherchant bien dans le centre, je vois qu’il reste encore quelques boutiques qui datent de la Yougoslavie, dans leur jus et qui ont très peu changé. A mes yeux, ces caractéristiques en font de vraies pépites pour voyager dans le temps.


Des petits trésors qu’aucun touriste ne trouve


Je vous indique donc où sont ces pépites yougoslaves. Si vous poussez leur porte, elles vous feront voyager dans le temps l’espace de quelques instants. En plus d’être divertissantes pour les yeux et lors de votre visite de Ljubljana, elles vous permettront aussi de trouver des souvenirs très intéressants et très pertinents à ramener en France.

Les vinyles yougoslaves de chez Vom

Le petit magasin VOM est caché dans une ruelle adjacente à la rue piétonne principale (la rue copova). Il dégage une ambiance unique et hors du temps avec ses étagères en désordre qui regorgent de vinyles, de 45 tours en plus de quelques cassettes ou de VHS, couvrant des genres variés de l’ex-Yougoslavie.


Il y a aussi quelques vinyles du monde et même venus de France.


Vous y trouverez surtout de nombreux vinyles de maison de disques Jugoton, la première maison de disques de la Yougoslavie.

Ce petit magasin m’a donné il y a 10 ans l’idée d’un top des pires pochettes de disques yougoslaves qui a déclenché un gros buzz dans les médias, passant même à la télé.

La mercerie du Centromerkur sur la place centrale.

Le Centromerkur fût le premier grand magasin de Ljubljana. Il reflétait l’essor économique et culturel de la ville au début du XXe siècle. Quand je suis arrivé à Ljubljana, il y régnait une délicieuse ambiance communiste. Il y a une quinzaine d’années, le magasin a été totalement modernisé (à mon grand regret).


Il abrite désormais la Galerija Emporium, un grand magasin de vêtements sur plusieurs étages qui propose des marques internationales.


Tout cela n’a plus beaucoup d’intérêt en dehors de son magnifique escalier central en bois que vous apercevrez dès l’entrée. Passez le voir !

Une toute petite partie du Centromerkur a cependant perduré. La mercerie. Vous pouvez pousser la porte et vous retrouver projeté dans un magasin yougoslave. Vous y trouverez des pelotes, des bobines, des aiguilles à tricoter, des canevas…

Cette petite boutique est située sur votre gauche au début de la rue Trubarjeva de Ljubljana, une rue que vous devriez emprunter quand vous visiterez Ljubljana.

Les sacs à main de Marjeta Groselj – iconiques !

Le petit magasin Groselj est dans mon quartier mais j’ai mis des années avant de le voir car il est très très discret et en plus petit. Il est situé au nord du centre piéton de Ljubljana. C’est une adresse incontournable pour les amateurs de maroquinerie artisanale.

Fondé par la créatrice slovène Marjeta Grošelj, cette boutique propose depuis plus de 50 ans des sacs à main uniques, confectionnés à la main en petites séries.

Les sacs de Marjeta Grošelj se sont forgées une notoriété grâce à leur design élégant et leur fabrication soignée, souvent en cuir de haute qualité et agrémentés de détails peints à la main.


Observez les dames du centre de Ljubljana et vous verrez qu’elles ont souvent un sac à main avec un logo G ou la marque Groselj.


Adresse : 4 Tavčarjeva ulica. Boutique ouverte du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 15h30 à 19h00, ainsi que le samedi de 8h30 à 12h30

La vendeuse de chapeaux

Ce vieux magasin du centre vend des chapeaux et c’est original pour l’époque. Rentrez-y et vous découvrirez une atmosphère désuète. C’est exactement le genre de magasin à soutenir avec vos euros pendant vos vacances si vous avez besoin d’un chapeau pour vous protéger du soleil estival slovène.

Adresse : En bas de la belle place Kongresni Trg – Kongresni trg 5, 1000 Ljubljana

La dernière réparatrice de parapluies

Dans la rue Trubarjeva, on trouve la dernière réparatrice de parapluie. On y amène son parapluie abîmé par le vent et quelques jours plus tard, on le retrouve comme neuf. Une tradition familiale perpétuée. La petite vitrine est figée dans le passé et dans la fin des années 60.


L’échoppe s’appelle Dežnik – ce qui signifie simplement « parapluie » en slovène.


En 1966, le père de Marija, la réparatrice, travaillait encore dans une usine de fabrication de parapluies, avant de se lancer à son compte. À l’époque, Ljubljana comptait cinq boutiques spécialisées dans la réparation. Aujourd’hui, celle-ci est l’une des dernières encore en activité.

Elle appartient à Marija, l’une des dernières réparatrices de parapluies d’Europe. Comme elle est propriétaire de son local, elle peut se permettre de pratiquer des tarifs modestes.

Marija ne sait pas si ses deux enfants reprendront un jour l’atelier. Mais en attendant, elle perpétue un savoir-faire presque disparu, dans le calme de sa petite boutique du centre-ville. Une parenthèse pleine de charme dans votre voyage. Pensez à lui ramener un parapluie si vous venez de Frannce.

Attention aux horaires d’ouverture. La boutique ouvre peu pendant la semaine et pas longtemps.

Le marché des antiquaires du dimanche

Si vous êtes à Ljubljana un dimanche matin, ne loupez pas le marché des antiquaires le long de la rivière. Plein d’objets Yougoslaves vous y attendent et des pus anciens.


Parfait pour un café et une trouvaille que vous pourrez ramener en France en souvenir.


Ce marché rassemble une trentaine d’exposants proposant une variété d’objets anciens, témoins de l’histoire de l’ex-Yougoslavie et de l’empire austro-hongrois. Parmi les étals, on découvre :

  • de vieilles cartes postales,
  • des appareils photo d’époque,
  • des montres anciennes,
  • des boîtes métalliques,
  • du petit mobilier,
  • de grands cadres,
  • de la vaisselle,
  • des insignes militaires
  • et même des portraits d’Hitler et de Tito .

Ce marché est un véritable voyage dans le temps. Les Ljubljanais y flânent, échangeant anecdotes et souvenirs. C’est l’endroit idéal pour dénicher des souvenirs authentiques de Slovénie.

Une idée originale : acheter de vieilles cartes postales aux antiquaires du marché et les envoyer à vos proches ; elles coûtent souvent 1 € l’unité et arborent parfois des timbres à l’effigie de Tito.

Le marché est ouvert tous les dimanches de l’année, même dans le froid de l’hiver, de 8h à 13h. Juste à côté du marché, deux terrasses agréables invitent à savourer un café dominical tout en observant les badauds.

La pompe à vin du quartier de Prule

Cette petite échoppe totalement secrète ne vend que vin. On vient avec son contenant et la propriétaire le remplit avec un tuyau relié à la cuve. Vous pourrez aussi avoir un contenant sur place. Le vin n’est pas franchement bon mais il n’est pas cher. Une expérience très slovène que vous devriez tenter pendant votre séjour à Ljubljana. Cette petite boutique est située dans le centre de Ljubljana.

Adresse : rue Zabljak (à côté de la pharmacie)

En dehors du centre, un vieux cordonnier

Une vieille boutique que j’ai vue se déplacer du vieux centre de Ljubljana vers l’extérieur. Elle était située au niveau du pont des cordonniers. Aujourd’hui, ce cordonnier perpétue la tradition dans son atelier de la rue Ižanska. Vladimir Vodeb fabrique encore des chaussures sur mesure, entièrement à la main, avec des cuirs de qualité et un soin du détail hérité d’un savoir-faire ancien.

J’y fais réparer mes chaussures, vous voyez d’ailleurs une de mes chaussures pour la rando en Slovénie sur l’établi sur la photo en haut à gauche.

Adresse : Ižanska cesta 53, 1000 Ljubljana (Parcours très agréable à pied du vieux centre en suivant la rivière sur la gauche)

Le parcours agréable à suivre pour y aller

Les chapeaux Pajk, une histoire de famille sur plus d’un siècle !

La boutique est sur la grande avenue qui mène à l’autoroute qui vous amènera en 50 minutes à la mer. Pensez à vous arrêter si vous voulez vous acheter un beau chapeau en souvenir de votre séjour en Slovénie.

Adresse :Tržaška c. 62, 1000 Ljubljana

Voici l’histoire étonnante de ces chapeaux Pajk :

Tout commence en 1906, avec la naissance de Rudolf Pajk. À 14 ans, Rudolf descend au fond de la mine de charbon de Trbovlje. Il survit à une catastrophe qui emporte 26 mineurs. Ce jour-là, il décide qu’il ne retournera jamais dans la mine et le destin l’oriente alors vers la chapellerie. À Trbovlje, le maître chapelier Cimerman le prend sous son aile et lui enseigne l’art de modeler le feutre. Rudolf obtient son brevet de maître en 1924 et, trois ans plus tard, il ouvre sa propre boutique à Ljubljana. L’époque est faste : la mode du chapeau bat son plein et le jeune artisan prospère rapidement, au point d’avoir trois magasins dans la capitale. Il a usqu’à quinze ouvriers qui roulent la feutrine à la main.

Son fils Rudi, né en 1931, se forme lui aussi très tôt à l’atelier. À huit ans, il aide déjà son père et à 17 ans, il est officiellement chapelier (le plus jeune de toute la Yougoslavie). Après la guerre, malgré les confiscations opérées par le régime, il relance la maison Pajk et sillonne la Slovénie en train et à vélo pour vendre et restaurer des chapeaux. Dans les années 1950 et 1960, son nom devient synonyme de qualité, jusqu’à dépasser les frontières. Ses célèbres chapeaux de style western séduisent même le public américain, popularisés par une série télévisée. Mais ce succès agace le pouvoir en place, qui lui confisque ses machines et son matériel. Les temps sont durs. Rudi s’exile alors avec son fils en Autriche, puis au Canada, où ils continuent à fabriquer des chapeaux, allant jusqu’à réaliser une pièce sur mesure pour le président Reagan !

En 1991, après ce long périple, la tradition revient à Ljubljana. Le petit-fils de Rudolf, troisième génération de chapeliers Pajk, reprend la vieille boutique familiale de Tržaška 62. Fort de l’expérience acquise à l’étranger et de contacts précieux pour s’approvisionner en matières premières d’exception, il redonne vie à l’atelier. Aujourd’hui encore, on y fabrique et restaure des chapeaux avec les mêmes gestes qu’autrefois, en utilisant les meilleurs feutres.

Les chapeaux Pajk portent en eux la mémoire d’une famille qui a traversé le siècle, affronté la guerre, l’exil et les changements de régime, mais qui n’a jamais renoncé à son art. Chaque modèle est l’héritier de cette histoire, et c’est sans doute ce qui explique qu’ils séduisent aussi bien les amateurs de tradition que les passionnés d’élégance contemporaine.

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